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Pourquoi n’y a-t-il pas plus de femmes ingénieures?

October 15, 2010

Le métier d’ingénieur resterait-il une affaire d’hommes ? Pas partout. La Chine compte environ 40% d’ingénieures, et dans l’URSS des années 1980 les femmes représentaient 58% des effectifs. Mais dans les pays occidentaux et une bonne partie des économies émergentes, la féminisation de la profession reste très lente et elle semble aujourd’hui trouver une limite. Ce palier inquiète les autorités politiques. La Commission européenne pointe depuis dix ans les risques de pénuries d’ingénieurs, appelant les Etats-membres à puiser plus largement dans le vivier des talents féminins. En Australie, en Inde, la presse s’est emparée du sujet. Le US Bureau of Labor Statistics a prévenu l’an dernier que la demande d’ingénieurs informaticiens allait croître de 36% d’ici 2012 pour les seuls Etats-Unis. Il semble urgent dans ces conditions de former davantage de femmes. En commençant par se demander où sont les points de blocage.

Le tuyau percé
La première idée qui vient à l’esprit, c’est bien sûr d’observer ce qui se passe au sein des écoles et des universités. L’exemple américain est significatif et il présente l’avantage d’être bien étudié : grâce à la base de données WebCaspar de la National Science Foundation, on dispose de séries statistiques précises qui font l’objet de synthèses régulières. Aux États-Unis, les femmes sont bien représentées dans les études scientifiques : en 2005, 45% des diplômés de mathématiques et 52% des diplômés de chimie étaient des filles. Mais elles n’ont obtenu en 2007 que 22,4% des mastères et 20,8% des doctorats. Clemencia Cosentino, directrice du Program for Evaluation and Equity Research (Urban Institute, Washington DC), travaille depuis des années sur cette « grave sous-représentation ». La littérature spécialisée, explique-t-elle, met généralement en avant le taux d’abandon des études scientifiques, qui serait plus élevé chez les filles. Cela peut être vrai avant la licence, où les filles n’obtiennent que 18,5% des diplômes d’ingénierie alors qu’elles sont près de 30% à être inscrites. Mais les enquêtes menées par l’équipe de Clemencia Cosentino sur une base de 400 000 étudiants font apparaître un facteur plus déterminant : le faible taux d’inscription dans les mastères spécialisés. Une fois inscrites, les femmes ne décrochent pas davantage que les hommes. Elles sont cependant comparativement moins nombreuses à pousser jusqu’au doctorat d’ingénierie.

Drop out avant la licence, faible taux d’inscription en mastère, renoncement plus fréquent au doctorat : le Département de l’Éducation, dans son National Assessment of Educational Progress, insiste sur le phénomène de « tuyau percé » (leaky pipeline) qui voit diminuer la mixité à mesure que les étudiants avancent dans leur cursus. Le manque de préparation et de support est parfois pointé du doigt, mais il concerne aussi les garçons. Plus significatif apparaît le très faible pourcentage de femmes parmi les enseignants des filières spécialisées : moins de 10%. Or on connaît l’importance que peut revêtir l’existence de modèles dans le corps professoral, pour les groupes minoritaires. Le recrutement est effectué au niveau local, mais ce point fait désormais l’objet d’une politique volontariste menée au niveau fédéral. Le Département de l’Éducation travaille depuis plusieurs années à sensibiliser les universités. L’Europe pourrait s’en inspirer : après tout, il a fallu attendre 1992 en France pour qu’une femme, Claudine Hermann, soit nommée professeure à l’École Polytechnique.

 

 

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2 comments

  1. [...] worth mentioning a few other figures to fully appreciate the low level of female involvement in Science and Technology. In Belgium, only 5% of students who chose to study civil engineering in [...]

  2. szuder says:

    J’enseigne a l’Universite Polytechnique de Bucarest dans une filiere mecanique.
    Cette annee dans une annee terminale il y a 74 etudiants et exactement 37 de filles.
    Les filles ont des resultats aux moins aussi bons que les garcons..
    Ces chiffres sont dues en Roumanie grace aussi a l’example familial, ou des nombreuses femmes, ont fait pendent des annees des etudes d’ingenerie avec des bons resultats.
    Il faut aussi mentioner qu’on peut aujourd’hui etre ingenieur et travailler devant un ordinateur et non pas sur un chantier de construction.