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Adrienne Axler: L’entreprise, est-elle sexiste ?

July 8, 2008

Source: Adrienne Axler dans magazine belge "Lobby" nr 3,

En pénétrant dans le « temple » qu’est l’entreprise, nous entrons dans un monde typiquement masculin. Tout nous le rappelle. Entrons simplement par le parking : les chevaux des guerriers, remplacés avantageusement par les SUV, côtoyant nonchalamment les breaks et les cabriolets, constituent aujourd’hui l’attribut essentiel des cadres-soldats de chaque entreprise. Et si leurs uniformes ont fait place au « costume cravate », banal et sans personnalité… tellement interchangeable, ils ont gardé pour armes, BlackBerries, I-phones et autres gadgets indispensables, témoignant d’une hyperactivité et d’un grade dans la hiérarchie.

Montons d’un étage. Dans le cœur de l’entreprise, tout est réglé en fonction de l’HOMME: les horaires, les structures hiérarchisées comme à l’armée, et même le langage, dur et assurément guerrier. Ne parle-t-on pas de stratégie, en confondant la « vraie » guerre avec celle qui l’a remplacée dans notre monde occidental, la guerre économique ? Car le problème est là: les hommes sont en mal de combats… Il leur faut absolument un substitut, un champ de bataille pour se mesurer, pour vaincre, pour dominer. C’est ainsi que Waterloo, Austerlitz et autre Stalingrad ont été remplacées par des OPAs (hostiles, bien sûr), des guerres de prix ou encore de l’espionnage industriel.

J’écris ceci sans aucun cynisme. Mais essayons de revenir à l’origine des choses, pourquoi en sommes-nous arrivés à cette situation.

Un des synonymes du mot « entreprise » dans Le Robert est le terme « société ». L’entreprise ne serait jamais qu’une représentation miniature de la société dans laquelle nous vivons. Quoi de plus naturel donc que d’importer nos comportements au quotidien dans notre milieu de travail. Les hommes viennent depuis toujours de Mars, les femmes de Venus. Les hommes sont des conquérants, les femmes prennent soin de la vie. La vie qu’elles donnent, mais aussi la vie au quotidien.
C’est ainsi que l’entreprise a été créée par les hommes et qu’elle n’est devenue la terre d’accueil des femmes que bien plus tard. Les femmes y ont accédé d’abord pour y jouer toujours ce même rôle d’ « assistance ». Le meilleur exemple est celui de l’assistante (anciennement secrétaire), indispensable mais n’ayant aucun pouvoir, si ce n’est celui qu’elle exerce sur son patron.

Mais la société change – et l’entreprise également. Depuis que nous, les femmes, avons accédé massivement à l’enseignement, et plus particulièrement à l’enseignement supérieur, nous nous sommes mises en marche. Nous sommes devenues aussi instruites que les hommes et nous faisons notre chemin. Nous le faisons à notre vitesse et à notre manière, car nous n’avons pas envie de ressembler à nos guerriers de maris ou collègues. Notre entreprise n’aura pas nécessairement les mêmes caractéristiques.

D’abord, elle se féminise vraiment, même si les femmes ne pénètrent pas encore suffisamment dans les « vraies » sphères d’influence, si elles sont sous-représentées dans les comités de direction et les conseils d’administration. Mais la relève est là, elle grandit et monte, et met les accents ailleurs.

L’entreprise devient plus sociale, plus responsable, moins hiérarchisée et plus ouverte vers l’extérieur. L’aspect « diversité » y joue un rôle important, ne se limitant pas exclusivement à la représentativité des femmes. La présence des femmes a pour conséquence des modifications fondamentales dans l’organisation pratique des entreprises. Ces adaptations sont indispensables pour permettre aux femmes d’accéder aux organes les plus élevés dans l’entreprise. Si nous souhaitons prendre une vraie part à la vie de l’entreprise, autant que cela ne soit pas à n’importe quel prix.

Ensuite, les hommes changent aussi. Le mode de vie et le comportement des jeunes couples deviennent de jour en jour plus égalitaires et plus consensuels. Les étapes de vie et les grands tournants de carrière se discutent en couple, les décisions ne sont plus unilatérales. Les carrières, masculines ou féminines, ne ressembleront désormais plus à un « cv type » construit avec une préméditation froide selon les modèles préconisés par les spécialistes en ressources humaines ou les chasseurs de tête.

L’entreprise devra désormais offrir aux femmes et aux hommes davantage que la voiture de société et une ligne supplémentaire dans leur cv : elle devra apporter une contribution à leur projet de vie. Et là, les femmes ont toutes leurs chances de réussir.

Adrienne AXLER, Chief Executive Officer SODEXO

 

 

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5 comments

  1. jean donnay says:

    J’adhère assez bien à votre analyse madame, ayant été chef de département universitaire pendant 27 ans. Mais n’oubliez pas que ces hommes dont vous parlé vivent une souffrance qui les empêchent d’aller vers eux-mêmes et donc vers l’Autre. Pourriez-vous compléter votre analyse par ces facteurs sociéto-économiques qui surdéterminenet bien souvent les conduites des gens.
    bonne journée

  2. colas says:

    Did it ever slip anyone’s mind that if women do not currently acceed to top position in companies, it may be because they DO NOT WANT IT FOR GOOD AND LEGITIMATE REASONS.
    Isn’it more rewarding to stay at lower levels, once you focus more on what is important in life: human relationships and doing a fine job?
    It is another way of life, which I personnally chose.

    I find the above article quite limited: according to the author, once companies will offer something else than "toys for men" (if I may say so…), women will then be able to go to the top.

  3. Il me semble que c’est à nous les femmes qu’il revient de faire changer les choses. Pour preuve, nous le faisons et l’environnement sociétal change avec une nette plus large représentativité de la gent féminine. De plus, je suis d’accord avec les propos de Jean Donnay! Oui, les hommes souffrent de ce combat intérieur, de cette dualité entre le côté imposé "chasseur de mamouths" et un équilibre de vie plus satisfaisant. A nous de leur faire comprendre et surtout accepter qu’ils ne sont pas obligés de lutter au delà de leur limite dans une entreprise chaque jour plus impitoyable. La vie est devenue très dure et pour tout le monde: Les hommes, les femmes, les ados, les enfants. Mais avec de la confiance en soi, une foie inébranlable en ses capacités, une touche de "j’ose" le tout saupoudré de bonne humeur (à 80% du temps, c’est bien d’autodérision et d’autoreconnaissance (Yes, I did it great!), on y arrivera tous et tous ensemble.

  4. Morten Petersen says:

    This article is rather simplified and place all women in one group (the victimes) and all men in another group (the worriers). Not quite fair.
    Waterloo and so many other battles were the product of One leader and many victimes (mostely men).
    Try to be a man with taste for a red or green suit. He will not become the new salesmanager although he may be the most qualified. He is the victim of the unwritten rules, possibly made by other men.
    As a business manager I have never granted a SUV or Cabriolet company car, but find that most of the wifes of our male managers drive exactly those type of cars!
    For me companies with a good mix of female and male presence is the best and it does not really matter on what level they are as long as there is a good balance in management style, ideas and problem solving methods.
    Take care.

  5. Michel Halet says:

    Le monde se polarise.
    Je suis assez d’accord pour dire que les entreprises ont entamé une transformation vers plus d’humanisation. Le rôle des femmes n’y est certainement pas étranger. L’intuition prend sa place dans des processus de prise de décision et les sciences humaines ont gagné pas mal de crédibilité (et ne faisons évidemment pas l’amalgame entre la place grandissante des femmes et celle des sciences humaines). Je me réjouis de voir que les entreprises qui mettent l’humain au centre des préoccupations sont généralement performantes.
    On ne peut cependant pas oublier le rôle premier de l’entreprise qui est de rétribuer les actionnaires (pour les « corporate ») ou les entrepreneurs (pour les PME). Ceci donne aux acteurs financiers une place prépondérante qui conduit parfois à des dérives dont les subprimes sont le dernier (mais pas le seul) témoin.
    Beau défi donc pour les chefs d’entreprise, en costume ou en tailleur – avec ou sans cravate et foulard – de trouver le « right balancing act ».